# Génération HAMLET V.2.0

« Génération HAMLET d’après Heiner Müller» mise en scène par Pascale Spengler

Dates de représentation

  • à L’espace culturel de Vendenheim 23/06/16
  • au Théâtre TAPS Laiterie à Strasbourg 24/06/16
  • au Théâtre de la Choucrouterie à Strasbourg le mardi 4 ou bien le mardi 11/10/16.
  • au Théâtre Christiane Stroë à Bouxwiller le vendredi 18/11/2016

Chaque génération est confrontée à la terreur. HAMLET est un mythe qui se régénère à chaque génération.

Entre ses deux temps d’écriture, HAMLET de William Shakespeare et HAMLET Machine de Heiner Müller sont à l’œuvre des transformations historiques et des répétitions.

Entre ruines et gravats croit le nouveau, disait Heiner Müller.

Une génération a passé entre l’Ange de l’Histoire de Walter Benjamin et l’Ange Malchanceux de l’Histoire de Heiner Müller. L’Ange de Walter Benjamin se retourne vers le passé et est terrifié par le futur alors que celui de Heiner Müller a du mal à se dégager des décombres. L’effroi demeure.

Chez Heiner Müller, les quatre cent pages de William Shakespeare sont réduites à une tête de Jivaro de treize pages.

Des lambeaux de Shakespeare au royaume des bactéries, disait-il.

Notre intention pour Génération HAMLET est de rentrer dans deux écritures produites à des époques différentes autour du même mythe afin de pouvoir les mettre en rapport, de distinguer la matérialité des éléments dramatiques qui les constituent et les différencient et ainsi de repérer les transformations opérées par Heiner Müller lors de la réécriture d’HAMLET de William Shakespeare.

L’écriture d’ HAMLET Machine s’est déroulée sur plusieurs années.

Les 200 pages de feuillets manuscrits, d’une surprenante qualité plastique, témoignent de ce moment de fermentation artistique de Hamlet Machine de Heiner Müller .[1]

Heiner Müller pose un œil de lynx chirurgical sur l’Histoire. Il dégraisse le mythe d’Hamlet de toute séduction romanesque en l’amputant presque en totalité de sa fable dramatique pour en faire apparaître le squelette, en y greffant des événements historiques qui lui sont contemporains. Ainsi il réactive le mythe d’Hamlet qui au lieu de se propulser vers un progrès opère un retournement vers l’antiquité. Et on se retrouve avec la double figure d’Electre et d’Ophélie qui à la fin d’Hamlet Machine se dissolve dans la blancheur psychiatrique.

C’est une écriture d’une extrême densité et tension dramatique qui continue à interroger les plaies de notre histoire contemporaine. Elle ressuscite le spectral de notre temps.

Avec HAMLET Génération sera inventée théâtralement une façon de cogner le monde avec des interrogations que nous avons.


[1] Citation figurant en dernière page de couverture des Manuscrits de Hamlet Machine des éditions de Minuit.